FAQ sur les vaccins
Introduction
Les vaccinations sont des actes médicaux souvent pratiqués sur nos animaux familiers. Elles sont aussi sujet à polémique : quelques personnes sont par principe opposées aux vaccins, et les critiquent parfois avec autant d'énergie que n'en mettent d'autres à refuser les transfusions sanguines ou à condamner toute forme d'avortement pour des raisons religieuses.
Ces attitudes peu rationnelles s'expliquent peut-être par le fait que les vaccins sont en général appliqués à des patients en bonne santé, donc intuitivement perçus comme des agressions inutiles. Or, les vaccins ne sont ni magiques, ni idéologiques, ils sont une mesure de médecine préventive, simple, éprouvée et peu coûteuse, visant à se protéger contre les maladies infectieuses.
Que contient un vaccin ?
Outre de l'eau pour les formes liquides, des adsorbants pour les formes lyophilisées et autres conservants ou adjuvants, un vaccin contient « des microbes » (bactéries, virus, protozoaires), atténués, c.à.d. encore vivants mais transformés en agents inoffensifs, ou inactivés c.à.d. tués, ou encore des fragments de microbes comme des protéines isolées.
A quoi sert un vaccin ?
Les vaccins préviennent les maladies infectieuses à trois niveaux: protection individuelle de l'animal, protection collective d'un groupe animal, protection publique de l'être humain contre les maladies transmissibles de l'animal à l'homme (zoonoses). En protégeant son chien par exemple contre la maladie de Carré, on lui évite de mourir de cette maladie.
Mais on diminue du même coup la prévalence de la maladie de Carré dans la collectivité canine. On fait donc ainsi preuve de civisme : en Suisse où la population canine est assez bien vaccinée, la maladie de Carré est devenue rare mais dans les pays méditerranéens où les propriétaires de chiens sont moins disciplinés, elle est fréquente.
Pour les zoonoses, la leptospirose donne un bon exemple : en vaccinant son chien contre la leptospirose, on le protège contre cette maladie, mais on se protège aussi soi-même ainsi que ses voisins puisque l'être humain peut également être contaminé par cette grave et parfois mortelle infection des reins.
Comment agit un vaccin ?
Les vaccins imitent une infection sans la provoquer vraiment et stimulent ainsi les défenses naturelles de l'organisme. Le mécanisme mis en jeu s'appelle l'immunité spécifique et repose sur une « armée » de globules blancs appelés lymphocytes qui fabriquent des anticorps (pour les lymphocytes-B) ou tuent directement les virus, bactéries ou cellules cancéreuses (lymphocytes-T).
Il faut également citer les Iymphocytes-mémoire qui gardent le souvenir de l'infection ou de la vaccination, de manière à pouvoir « réveiller » rapidement les autres lymphocytes en cas de nouvelle infection.
Il faut préciser que les lymphocytes sont spécifiques à un microbe et que l'organisme dresse donc lors des multiples confrontations avec différents microbes au cours de la vie, des milliers d'armées différentes qui, lorsqu'elles sont au repos, sont surtout représentées par leurs cellules-mémoire et par un certain taux d'anticorps circulants.
Les vaccins sont-ils dangereux ?
Des effets secondaires peuvent apparaître à la suite des vaccins comme un peu de fièvre ou de manque d'appétit pendant 24 heures, mais ils ne sont que rarement graves (probabilité de l'ordre de 0,001 %). Un vaccin n'est pourtant pas anodin c'est pourquoi on ne devrait pas vacciner des animaux malades ou fortement parasités.
Une consultation chez le vétérinaire pour un cas de maladie ne devrait donc pas servir à une vaccination.
Pourquoi fait-on une double vaccination la première fois ?
Un calendrier vaccinal comprend pour les enfants comme pour les animaux une immunisation de base composée de deux ou trois injections à un mois d'intervalle, puis des rappels à plus long terme.
Cette procédure tient compte non seulement du fait que certains individus ont une réponse immunitaire moins efficace que d'autres et ont besoin d'une stimulation multiple pour obtenir suffisamment d'anticorps, mais aussi que la première exposition, ne suffit en général pas à produire suffisamment de Iymphocytes-mémoire : la seconde dose vaccinale sert donc à consolider cette mémoire immunitaire. Les chiots de moins de quatre mois représentent un cas particulier : ils ont reçu (si leur mère était bien vaccinée) dans le lait maternel des anticorps qui risqueraient de neutraliser les antigènes vaccinaux.
Or les anticorps maternels anti-parvovirus persistent particulièrement longtemps dans le sang du chiot (12 à 16 semaines). On recommande donc de répéter à quatre mois le vaccin Parvovirose, si la double vaccination de base a été terminée antérieurement.
Qu'en est-il de la rage ?
A l'époque où la rage était endémique, le but du législateur était d'imposer une mesure simple (vaccination des chiens tous les deux ans) pour obtenir une immunité moyenne suffisante dans la population canine pour éviter qu'elle ne soit vecteur de la rage des renards pour les humains.
C'était une mesure d'hygiène publique plutôt que de protection des chiens individuels. La Suisse étant aujourd'hui exempte de rage, la vaccination antirabique n'y est plus obligatoire. Elle le reste toutefois pour les passages de frontières, et ceci annuellement. Certains pays (Angleterre, Suède, Norvège) exigent même un contrôle du taux d'anticorps, effectué par un laboratoire agréé.
Ce laboratoire en Suisse ayant observé qu'une seule vaccination ne suffit que dans 2/3 des cas à obtenir le taux exigé, conseille actuellement une double vaccination à 3 semaines d'intervalle.
A quoi servent les rappels ?
On a vu que si la primovaccination sert à créer des lymphocytes-B et -T compétents, la deuxième, voire la troisième injection de base servent à assurer une population suffisante de Iymphocytes-mémoire. Ces lymphocytes ont une durée de vie limitée et l'immunité perd donc la mémoire avec le temps. Les rappels servent à la réactiver.
Chez les enfants, les rappels sont obligatoires et leur calendrier est pris en charge par le service sanitaire scolaire. Chez les animaux familiers, des rappels annuels sont simplement conseillés.
A quel rythme faut-il répéter les vaccins ?
Chaque individu étant différent et l'environnement variable quant au danger d'infections, il est difficile d'être normatif dans ce domaine. D'autant plus que les vaccins contiennent plusieurs valences (vaccins combinés) dont la durée de mémoire peut être différente. Les rappels annuels sont une mesure d'une raisonnable prudence.
Si on néglige un rappel, ce n'est pas trop grave. Si on le néglige pendant deux ans, on expose l'animal au risque d'infection, mais un rappel suffira à rafraîchir la mémoire immunitaire. Si l'on est négligent pendant trois ans, le risque d'infection est bien sûr augmenté, mais la mémoire risque aussi d'être annulée et le rappel insuffisant. On conseille alors en général une nouvelle vaccination de base, avec double injection.
Doit-on vacciner les animaux âgés ?
Depuis que quelques épidémies de maladie de Carré ont atteint des chiens âgés que l'on avait renoncé à vacciner et que l'espérance de vie de nos animaux familiers a augmenté ces dernières années, on considère que les chats et les chiens même âgés peuvent aussi bénéficier des vaccinations et de leurs rappels, pour autant qu'ils soient en bonne santé.
Dans les cas d'insuffisance rénale, hépatique, cardiaque ou métabolique (diabète, dysendocrinies, etc.), un calcul de risques reste à faire.
Contre quelles maladies vaccine-t-on les carnivores domestiques et combien cela coûte-t-il ?
Les maladies contre lesquelles on vaccine classiquement nos compagnons sont, à part la rage pour le passage des frontières, le Carré, la Parvovirose canine, l'hépatite virale, la leptospirose, la toux du chenil, chez les chiens, et chez les chats la parvovirose féline ou typhus, la calicivirose, I'herpesvirose et la leucose.
On peut également protéger les chiens contre la Piroplasmose, la Borréliose et le Rotavirus. Chez les chats une vaccination contre la PIF est maintenant possible ainsi que contre la Chlamydiose. Des vaccins combinés permettent désormais de vacciner les chiens et les chats plus facilement et à moindres frais, puisque les prix des vaccins se situent en général entre 50.- et 100.- francs par séance.

